CGT CEBFC - 18/11/2010

Activation clientèle à la CEBFC : personnel en danger !!!



S’occuper de nos clients jusqu’ici délaissés semble le bon sens, même, il n’y aurait rien à redire. Une autre organisation syndicale a même communiqué dernièrement pour se féliciter du projet, et pourtant …
Derrière l’injonction « activation clientèle » se cache une modification profonde de l’organisation et des relations de travail dont clients et salariés de le CEBFC vont faire les frais.

Déjà, l’introduction lors de la formation est claire et sans appel.
On nous raconte que la concurrence est à son comble, que nous sommes quasiment en situation de guerre, le vocabulaire choisi est volontairement alarmiste voire militaire : nos emplois sont en danger, les « autres » nous attendent au tournant pour venir piller nos clients. _ Bref il faut poser un décor le plus sombre possible pour aboutir à une conclusion simple : il va bien falloir changer et surtout que chacun à son poste se remette en question : nous sommes à un tournant historique de notre entreprise.

Consciente de son discours catastrophiste et de ses effets, la direction se veut rassurante : nous allons faire les choses progressivement, ne vous inquiétez pas.
CA VA FAIRE MAL DOCTEUR ?
SI TU NE BOUGES PAS CA IRA BIEN !
Justement, les conséquences sont connues !

En effet, ce qui est en train de se mettre en place est la déclinaison de ce qui a été pratiqué durant ces 3 dernières années sur la Caisse d’Épargne Rhône Alpes(CERA).
La CGT CEBFC a pris contact avec la CGT CERA : passées les illusions des premiers temps, les conséquences sont simplement désastreuses du point de vue de la santé mentale et physique du personnel :

  • en 2007, pas moins de 250 démissions en une année,
  • une perte d’autonomie pour tous les salariés dans leur activité quotidienne y compris dans les équipes de management,
  • une charge de travail surdimensionnée par rapport à l’ensemble des tâches à produire (vente, DRC, administratif, gestion du risque),
  • des pratiques managériales inacceptables et contre-productives,
  • un état de fatigue général, de lassitude voir malheureusement de stress et, pour certains, de souffrance insupportable, que l’on soit cadre ou non cadre.

Les Conseillers de clientèles vont avoir en charge la gestion de ce qu’ils appellent pudiquement une « liste clients », soyons clairs, ils vont faire un boulot de GC, pour autant cela ne fait absolument pas partie du cadre de leur définition d’emploi.
Nombre de CC ne veulent aujourd’hui pas changer de poste et jusqu’à preuve du contraire leurs salaires ne sont ni au niveau de leurs compétences, ni au niveau des salaires des GC.

Pour les gestionnaires de clientèle « bonne nouvelle » : ils sont sommés de devenir de véritables (mais illusoires) patrons d’un petit fond de commerce avec à la clé : pilotage de leur activité, auto-analyse et possibilité de savoir ce qu’ils font gagner ou perdre comme PNB à l’entreprise qui les paye gracieusement le 25 du mois comme cela est si souvent rappelé !
Quid des salariés en situation d’échec face au plan de marche qu’ils auront eux même mis en place ?

Pour les Responsables de point de vente et les Directeurs d’agence, déjà submergés de tâches annexes à leur activité d’accompagnement (pilcop, benchmark and co), déjà tiraillés entre une Direction qui leur en demande toujours plus et leurs équipes débordées avec ici ou là des situation plus qu’explosives, ils auront en bonus la gestion d’un portefeuille de clients avec des rendez vous à prendre et une activité soutenue à avoir à la clé !
Mais les personnels du siège dans tout cela ?
Le fait pour les commerciaux de pouvoir évaluer ce qu’ils rapportent à la Caisse va forcement par opposition renvoyer un malaise sur les personnels administratifs qui seront alors encore plus désignés comme des boucs-émissaires de la non-rentabilité à court terme.
L’épée de Damoclès qui plane au dessus de leurs têtes n’en sera que plus aiguisée... Faire culpabiliser et montrer du doigt sont les fondements de cette vision des choses.

Ah oui on en oublierait même les bonne nouvelles : En Rhône Alpes comme certainement chez nous aussi l’an prochain : les objectifs n’existent plus !!!!
Jusque là nous n’aurions jamais cru pouvoir un jour écrire une telle phrase...
Par quoi cela a t il été remplacé ? Le benchmark cela vous dit il quelque chose ?...
Dans ce système révolutionnaire, plus d’objectifs à atteindre, ou plutôt, il faut vendre tout, tout le temps et les objectifs sont infinis. Car il faut, sans cesse rattraper le premier.
Les salariés, les agences sont mis en concurrence avec, à la clé, l’indispensable carotte : la part variable.
Cela se résume à commencer une course pour laquelle il n’y aurait tout simplement pas de ligne d’arrivée !!!
Et si ce n’est pas assez alors, … il y a les challenges !

Ceci est gravissime et c’est une des causes les plus sérieuses de la détresse que connaissent les salariés des caisses qui ont déjà expérimenté ce système.

Les clients, à tout prix, doivent être rentables et pour cela, la pression à la remise en cause de la déontologie, du réglementaire, des acquis sociaux (respect des horaires…) est permanente. Il s’agit de faire « cracher » du PNB !
M. KLEIN membre du Directoire de CERA alors en charge du développement avait initié toutes les bases de ce projet stratégique en Rhône Alpes il y a 3 ans...
Or, M. KLEIN, aujourd’hui membre du Directoire BPCE en charge de la banque commerciale et de l’assurance, a maintenant ordonné la déclinaison nationale dans toutes les Caisses de son système.

Ensemble ne nous laissons pas faire !

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