CGT CEIDF - 11/05/2010

Ils ont osé, ils ont lutté, ils ont gagné !



Nos dirigeants qui, avant le 13 avril ne voulaient concéder aucun centime
d’euro, aucune discussion sur le PSE, ont été obligés de rabattre leur caquet face au mouvement de 4 semaines engagé par les salariés.
Ils ont du céder un complément d’intéressement, aucun licenciement
contraint et payer 5 jours de grève.

UN SOUFFLE DE RÉVOLTE.
Il grondait depuis plusieurs années sur l’entreprise Caisse d’Epargne.
Il faut dire que nos dirigeants y allaient de bon coeur dans le mal-être au travail des collègues : détèrioration des conditions de travail, management par la peur, relations humaines et sociales provoquant angoisses et stress, remise en cause de droits sociaux et syndicaux, suppression d’une partie de salaire fixe « remplacé » par des revenus aléatoires.
Les errements du Groupe avec la création de Natixis et sa volonté d’aller jouer avec les « grands » sur les marchés financiers et le pillage des Caisses qui s’en est suivi ont contribué à ce malaise.
Différentes expertises constataient cette situation concluant que la politique commerciale mise en place et les objectifs démesurés en étaient les principaux vecteurs.
Cerise sur le gâteau en 2010 : une part variable a minima et un intéressement quasi nul.
Les dirigeants pensaient pouvoir faire passer cette ignominie estimant que les salariés n’étaient plus en mesure de se révolter. JP DECK avouait d’ailleurs dans une réunion que depuis qu’il était là, le nombre
de jours de grève annuels avaient très largement diminué.

LA RÉPONSE DES SALARIÉS FUT CINGLANTE.
A l’appel de la CGT et SUD, rejoints ensuite par le SU, ils se mirent en mouvement avec le succès que nous constatons aujourd’hui.
Car, au-delà des acquis obtenus, cette grève fut un véritable moment de rassemblement, de débats, de convivialité, de fraternité.
En France, dans un contexte économique de crise où ceux-là même qui en sont responsables voudraient imposer encore plus de sacrifices, les salariés grévistes ont montré la voix de la nécessité de la lutte.
Mais notre combat suscitait aussi l’attention des autres salariés et notamment ceux des banques. Quant on voit le nombre de messages de soutien des salariés du secteur bancaire à travers leur syndicat CGT,
les grévistes avait une responsabilité supplémentaire de briser la spirale du renoncement.
Ils ont cassé le verrou de l’individualisme rejetant le repli sur soi dans lequel la direction essayait de les enfermer pour mieux les diviser.
Ils se sont rencontrés.
Ils ont retrouvé la libre parole.
Ils ont tissé des liens humains très forts.
Ils ont relevé la tête.
Ils ont donné l’espoir.
Toutes les catégories de personnel étaient là : collègues d’agence et du Siège, employés, gradés et cadres,, tous avec la même volonté, la, même détermination de ne pas se laisser faire.
Quand on se bat, on risque de perdre.
Quand on ne se bat pas, on a déjà perdu !
Ils ont osé, ils ont gagné !
Les droits et les acquis n’ont jamais été donnés, comme çà, par les dirigeants. Ils ont toujours été arrachés par des luttes.

STRATÉGIE PATRONALE
Depuis 10 ans, la stratégie des dirigeants a été, dans un premier temps, d’essayer de casser le doit syndical. Forts des remises en cause qu’ils ont réussi à faire passer, ils ont tranché à vif dans les droits sociaux
pour mieux aborder ensuite les mauvais coups des restructurations et des fusions. Dans le même temps, ils essaient de diviser les syndicats.
Après la fusion, ils y réussirent en partie créant un front réformiste et d’accompagnement avec la CGC, la CFDT et FO.
Croyant le personnel abattu et tenant en laisse les syndicats réformistes, ils en ont rajouté cette année en s’attaquant aux revenus des collègues à travers la part variable et l’intéressement mais aussi en
proposant un PSE sans garantie aucune pour les salariés.
On connaît la suite.

CONCLUSION
Mais, ne nous faisons pas d’illusions, ils vont revenir à la charge.
Des échéances nous attendent. Des revendications ne sont pas encore satisfaites, notamment en matière salariale.
Il faudra encore se battre sur l’organisation du travail, sur les relations dans le travail, sur la souffrance au travail et sur le droit syndical.
Sur le plan national, il faudra lutter pour les retraites et l’emploi dans le pays et contre le plan de rigueur qui va nous être imposé.
Cette grève a donné de nouvelles perspectives et beaucoup d’espoir.
Soyons vigilants car, tous ensemble, nous sommes une force sur laquelle devra compter la direction avant toute décision et tout projet néfastes qu’elle pourrait fomenter contre l’intérêt des collègues, de la
clientèle et de l’entreprise.

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