FSPBA CGT - 30 11 2009

Banques 2010 : retour vers le futur ?



C’est une situation inédite qui va clore l’année 2009 : pour la première fois depuis la signature de la nouvelle convention collective le 10 janvier
2000, aucun accord salarial de branche ne sera signé !

Il a fallu pour cela réunir plusieurs conditions… !

L’obstination patronale… faisant fi du compromis
conclu en 2000, le patronat de branche, tout émoustillé
qu’il était par l’exécution de la « prime d’ancienneté
 » tant honnie a totalement vidé de contenu
toute politique salariale de branche.
D’année en année, cette politique s’est rétrécie à
faire suivre aux minima les plus bas le rythme de
l’infl ation, leur ôtant ainsi tout intérêt, tant ils sont
déconnectés de la réalité. 10 ans après, il faudrait
tous les augmenter en moyenne de près 20% pour
leur redonner une signifi cation ! Pendant ce temps
en effet, l’individualisation des rémunérations permettait
de répartir tout autrement l’augmentation
des masses salariales dans les entreprises.
Diffi cile donc pour une fédération de se satisfaire à
signer un accord salarial de branche purement virtuel
puisqu’il n’a aucun effet sur aucun salarié.

La crise financière… Elle a exacerbé
le ressentiment des salariés qui ont été durement
éprouvés et qui attendaient un peu de reconnaissance.
Au lieu de cela, dans la branche ET dans
les entreprises, les banquiers n’ont qu’une idée en
tête : reprendre le « business as usual » et retrouver
au plus vite les niveaux de rentabilité d’avant la
crise… quitte à faire payer l’addition aux salariés et
à la clientèle. On le voit notamment au travers de
l’opération Banques Populaires – Caisses d’Epargne,
mais aussi des projets touchant les réseaux LCL et
Société Générale.

C’est peu de dire qu’à l’opposé, le fait que les « gros
salaires » ne donnent pas l’exemple, accroît encore
plus le ressentiment général.

L’unité syndicale… il a fallu 10 ans
pour se remettre de la bataille de la convention collective
qui avait laissé des traces.

Ce n’est donc pas rien d’être parvenu à un ensemble
de propositions communes en matière de salaires,
car l’unité ne s’est pas seulement manifesté « contre » mais également « pour », et c’est véritablement
un tournant favorable pour l’année prochaine, car il
devrait permettre de travailler sur des dossiers qui
s’annoncent brûlants en concertation syndicale, par
exemple sur la question de la sécurité dans les agences
 : si l’AFB veut un accord cette fois-ci, il faudra
qu’elle accepte les exigences des 5 fédérations.
L’année de tous les dangers, ou celle d’une
explication attendue depuis 10 ans ?

Tant en matière salariales que d’emploi ou encore
de conditions de travail génératrices de pression, de
stress … les projets patronaux pour 2010, conjugués
à ceux du gouvernement en matière de protection
sociale et de santé, sont annonciateurs d’une rupture,
et de conséquences sociales d’une violence sans
précédent.

A moins que… cette obstination ne débouche
sur une réaction imprévue ! Les mouvements
qui se sont déroulés fi n novembre à la Société Générale
et à HSBC, celui en cours de préparation à LCL
annoncent l’exigence des personnels de la profession
d’une rupture, mais pas celle appelée des voeux
du patronat et du gouvernement, une rupture avec
les politiques qui ont mené à la situation insupportable
d’aujourd’hui.

La fédération CGT banque et assurance s’est placée résolument aux côtés des salariés de ces entreprises.

Elle appelle, dès maintenant...
chaque technicien,
chaque cadre,
à réfléchir à son implication personnelle, réelle, forte dans des actions seules susceptibles de contraindre les directions d’entreprises à égocier les questions de salaire, d’emploi, de conditions de travail, de stress...

Rappelons tous ensemble, dans l’unité la plus large, aux employeurs l’urgence à résoudre toutes ces questions.

Exprimons nous ensemble, Faisons entendre notre voix !

Dans le même temps, chacun doit aussi avoir conscience que pour démultiplier les relais d’information et d’action, pour réfléchir et construire collectivement, il est indispensable de renforcer le poids du syndicalisme CGT.

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