CGT CEPACRGM - 24 novembre 2009

Déclaration préalable des élus CGTet UGICT CGT au comité d’entreprise



L’échec historique des orientations de nos dirigeants met en péril l’emploi dans les Caisses d’Epargne

- Des déclarations d’anciens dirigeants des caisses d’épargne affirmant que l’on veut la peau des Caisses d’épargne (Charles MILHAUD) oublieux de leurs propres décisions et responsabilités.
- Des dirigeants actuels du groupe (François PEROL) déclarant, sans vergogne, qu’il faut supprimer 10% des emplois (4000 emplois dans le réseau des caisses d’épargne).
- La volonté délibérée de supprimer 280 emplois sans licenciements et sans plan social au sein de la CE PAC (Alain LACROIX).
- Tout cela alors que Monsieur Alain LEMAIRE ex Président du Directoire de la CE PAC annonce des performances exceptionnelles pour le réseau des Caisses d’épargne sur les neuf premiers mois de 2009.

Tout ceci nous interroge et nous scandalise.

Que dissimule cette situation contradictoire faites d’excellents résultats et de suppression d’emplois ?

Ces suppressions d’emplois sont-elles le prix d’une situation financière que l’on nous aurait caché, alors que le gouvernement a versé 7 milliards d’euro à BPCE pour faire face aux difficultés, ou sont-elles la conséquence de la volonté des dirigeants de rembourser au plus vite l’Etat pour empêcher toute constitution de groupe public dans le futur et d’apporter, sur le dos des salariés les fonds nécessaires à BPCE pour renflouer NATIXIS.

Une forme de licenciements boursiers !

En effet ne veut-on pas après 2012 coter BPCE dans les basses-cours à bijoux ?

Depuis la fin des années 80 Charles MILHAUD et consorts nous ont martelé que les bénéfices permettraient le maintien et le développement de l’emploi, l’évolution de carrière et salariale des personnels, qu’il fallait s’adapter, qu’il fallait doubler les bénéfices, que la banalisation du livret A était maîtrisée et n’aurait pas d’impact significatif sur nos résultats donc sur l’emploi etc.

Tout cela nous l’avons entendu, tout cela nous l’avons fait, les salariés ont rempli leurs engagements avec loyauté.

Qu’on fait les dirigeants ?

De 1987 à 2006 les dirigeants des Caisses d’épargne ont accumulé nationalement et localement une masse considérable de bénéfices, (25 milliards d’euro, les fameux fonds propres) grâce à l’engagement de tous les employés et cadres de notre entreprise, engagement d’autant plus méritoire face au blocage des salaires et la perte de nos retraites.
Ces résultats que sont-ils devenus, quels intérêts ont-ils servis pendant que les salariés étaient à la diète ?

Faut-il rappeler que seuls les syndicats et les représentants du personnel, à l’unanimité, ont vu juste en refusant l’opération NATIXIS, qui devait nous mener dans les vertes prairies des paradis capitalistes, opération grâce à laquelle, d’après Charles MILHAUD et l’ensemble des dirigeants, nous gagnerions notre liberté vis à vis de la CDC contre 7 milliards d’euro, favorisant de fait la politique de privatisation totale du gouvernement...

Qui d’ailleurs se taisait…. très habilement (qui ne dit mot consent)…
Et pour finir la banalisation du livret A qui affaiblit les caisses et les dépôts sur le livret A et le LDD...

Alors qu’aujourd’hui, malgré une distribution élargie à tous les établissements bancaires, la collecte est moindre qu’avec les seules Poste et Caisses d’épargne à l’époque.

Quel manque de clairvoyance de la part des pouvoirs publics, quel silence de la part de nos dirigeants.
Et demain, dans 2 ans, dans 5 ans, qu’en sera t-il avec une CE PAC affaiblie par le départ sans remplacement de plus de 10% de ses effectifs.

Nouveau plan de suppression d’emploi ?

Pendant ce temps la banque pop ouvre des agences sur Marseille et ailleurs.

Aujourd’hui, il faut sauver l’emploi et les Caisses d’épargne.

Pour cela elles ont besoin de se développer et non de se rabougrir.
Aussi, conformément à l’article L2323-78 du code du travail, nous demandons aux élus du comité d’entreprise de voter un droit d’alerte.

La CGT et l’UGICT CGT (cadres) ont été soutenus par les élus SUD et CFDT. Seul le SU n’a pas voulu du droit d’alerte mais d’une commission économique avec expert pour étudier les conséquences de la recapitalisation par les CE de meilleurtaux.com et Nexity.

Nous rappelons le motif de l’article L2323-78 et suivants du Code du travail : lorsque le comité d’entreprise a connaissance de faits de nature à affecter de manière préoccupante la situation économique de l’entreprise, il peut demander à l’employeur de lui fournir des explications.

Cette demande est inscrite de droit à l’ordre du jour de la prochaine séance du comité d’entreprise.

Si le comité » d’entreprise n’a pu obtenir de réponse suffisante de l’employeur ou si celle ci confirme le caractère préoccupant de la situation, il établit un rapport.

Article L2323-81 : dans les sociétés à conseil de surveillance, la demande d’explication est inscrite à l’ordre du jour du COS

Pourquoi le droit d’alerte ?

Celui ci permettra, avec l’aide d’un expert, de connaître la liste des postes supprimés dans les Services, dans le Réseau, d’identifier les agences à fermer, dans le futur proche et à 5 ans l’état réel comptable des investissements etc.… afin de s’y opposer. De connaître les objectifs financiers qu’aujourd’hui nous cachent les dirigeants des Caisses aux ordres de François PEROL.

Cette expertise doit permettre la mise en place de solutions de maintien de l’emploi et une orientation commerciale différente permettant un développement de l’entreprise.

C’est possible ! Tous ensemble, relevons la tête, contestons les orientations prises par des responsables politiques et économiques coupables d’un échec historique considérable dont les effets destructeurs d’emploi et de niveau de vie, de liberté ne font que commencer.

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