Syndicats et sections syndicales CGT du personnel des entreprises du groupe BPCE - 4/09/2009

Rapprochement BPCE

Leur projet : toujours plus de profits

Ça aurait pu s’appeler CEBP, ça s’appelle BPCE. Peu importe l’ordre des lettres. Aujourd’hui plus de 110.000 salariés dans un « groupe de groupes » qui englobe Foncia, Nexity, Meilleurtaux, Natixis, Palatine, Crédit Foncier, les banques régionales « ex-HSBC », « ex-Millenium » ou Océor, le Crédit Maritime, le Crédit Coopératif, les Caisses d’Epargne et Banques Populaires avec leurs organes centraux, leurs GIE et leurs filiales… s’interrogent. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi ? Pour quoi faire ? Pour qui ? Autant de questions des salariés qui doutent de leur avenir dans ce conglomérat informe.

La crise, la crise disent-ils du côté du MEDEF, de ses serviteurs à l’Elysée et au gouvernement. La crise financière qui pèse lourdement sur les résultats de Natixis mais aussi sur l’ensemble des activités bancaires, d’assurance ou sur l’immobilier. La crise disent les nouveaux dirigeants de BPCE, M. Pérol en tête, patron du nouvel organe central mais aussi M. Mignon son bras droit chez Natixis.

Ceux qui détiennent le pouvoir aujourd’hui voudraient nous faire oublier que cette crise aux effets dévastateurs sur BPCE, est la conséquence d’un long processus de banalisation des établissements qui composent le nouveau groupe.

Certes, les entreprises du « pôle immobilier » et nombre de filiales bancaires comme la Banque Palatine , ne partagent pas la même histoire que les Banques Populaires nées dans le mouvement coopératif, que les Caisses d’Epargne qui étaient jusqu’en 1999 des d’établissements de crédit sans but lucratif, que le Crédit Foncier, la BFCE , le Crédit National, CDC-Ixis dont la création et le développement se sont inscrits dans le secteur public ou dans le cadre de missions de service public.

Ce qui a fait converger toutes ces entreprises dans BPCE, c’est le choix des gouvernements successifs de se plier aux ambitions de banalisation des dirigeants des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires.

Avant Natixis, la fusion de Natexis avec la Caisse Centrale des BP, c’est le moyen pour les Banques Populaires de se faire coter en bourse et donc de se soumettre à l’appétit des propriétaires de capitaux privés et non plus au contrôle des sociétaires.

Avant Natixis, le statut coopératif des Caisses d’Epargne est conçu par les dirigeants comme une étape nécessaire vers la cotation en bourse de la Caisse Nationale des Caisses d’Epargne (CNCE).

Avec Natixis, constituée au plus haut d’une vague de spéculation boursière et de recherche effrénée du profit, c’est encore une accélération du processus de banalisation des réseaux Banques Populaires et Caisses d’Epargne.

Les opérations de croissance externe des deux groupes sont autant d’achats de parts de marché par les deux complices pour peser plus lourd chacun vis-à-vis de l’autre lors d’une fusion qu’ils jugent inéluctable parce qu’ils la veulent pour assouvir leur ambition personnelle et leur goût pour l’argent…

Avec la crise qui impacte lourdement les comptes, les dirigeants de la Banque Fédérale des Banques Populaires (BFBP) et de la CNCE, épaulés par le pouvoir politique qui met à disposition plusieurs milliards de fonds publics mais aussi plusieurs de ses commis, en profitent pour aller plus vite au bout de leur projet.

Ce projet, crise ou pas, n’a pas changé .
La concentration des moyens informatiques, la mutualisation dans des usines communes des « back offices » et des fonctions supports étaient déjà engagées ou pour le moins programmées dans les trois groupes Caisse d’Epargne, Banque Populaire et Natixis. Les fusions de banques régionales ou de caisses, les absorptions de filiales, les restructurations et transferts d’activités allaient déjà bon train au nom du sacro-saint coefficient d’exploitation tant vénéré par les adeptes du CAC40 et du Dow Jones.

Déjà au cœur de leur projet avant la crise, la recherche permanente de gains de productivité est plus que jamais un objectif central des dirigeants de BPCE. La revue stratégique des actifs annoncée par M. Pérol, pour déterminer le maintien ou non de filiales dans le groupe doit reposer pour une bonne part, selon lui, sur le critère de la « profitabilité ».

La direction assure que les grandes marques du groupe vont subsister sur le modèle
Peugeot/Citroën dans le cadre d’une « concurrence intelligente ». Mais qu’entend la direction par « intelligente » ? Faire vendre aux salariés des réseaux des produits identiques dont seule l’étiquette change. Mais surtout mettre en concurrence les salariés entre eux pour peser sur leur rémunération. BPR contre CEP, CASDEN contre SOCRAM Banque sur le marché des enseignants : dans chaque réseau, les mouvements de fusion des établissements régionaux, de concentration des back offices et des fonctions support risquent de s’accélérer. La pérennité de banques régionales ex-HSBC ou nationales comme la BCP (ex-Millenium) ou la Banque Palatine est très hypothétique.

A l’inverse de ce que prétendent MM. Pérol et Vergne, le nouveau DRH groupe, la logique de concentration qui préside à la constitution de BPCE ne garantit en rien l’avenir des salariés. Si c’était le cas, ces messieurs ne seraient pas obligés de lâcher quelques formules qu’ils veulent apaisantes à l’adresse des organisations syndicales : les phrases creuses rivalisent avec les promesses qui n’engagent personne.

Quand il s’agit de rassurer les actionnaires, la garantie de BPCE sur les 35 milliards d’actifs « toxiques et illiquides » de Natixis, est bien réelle. Quitte à mettre encore plus de pression sur tous les salariés du groupe pour atteindre une rentabilité des capitaux de 12 % dès 2012 !

Nous connaissons leurs objectifs : ils ne sont pas sociaux mais bien de sauvegarder un système qui livre les entreprises où nous travaillons aux exigences des spéculateurs. Un système qui fait des salariés la principale variable d’ajustement quand les crises écornent leurs profits. Du côté des salariés, personne ne croit au miracle. Quand les élus des Comités d’Entreprise consultés sur le rapprochement ont considéré pour une grande majorité qu’ils étaient suffisamment informés pour se prononcer – ce qui n’est pas établi selon l’arrêt du 31 juillet de la Cour d’Appel de Paris - aucun n’a émis un avis favorable sur un projet dont tous craignent les conséquences sociales.

Un désastre social est-il inéluctable ?

Certainement pas !

N’avons-nous pas notre mot à dire ?

Oui, à coup sûr !

Croire le contraire, ce serait considérer que nos employeurs n’attendent rien de nous. Alors qu’ils attendent toujours plus. Chacun le vérifie dans l’augmentation de ses objectifs individuels ou de sa charge de travail pour compenser les départs non remplacés. C’est bien pour nous convaincre de travailler plus en gagnant moins que les dirigeants tentent de nous vendre avec force propagande leur fusion BPCE.

Variables d’ajustement mais aussi éléments essentiels à la réalisation de leurs ambitions, nous, salariés, ne pouvons pas, ne devons pas laisser les mains libres à nos patrons
pour détruire les emplois, faire baisser les rémunérations réelles, dégrader toujours davantage les conditions de travail. Collectivement nous pouvons nous réunir et nous organiser pour agir ensemble, dans toutes les entreprises, quels que soient nos métiers, nos histoires, nos statuts sociaux. Exiger l’amélioration des conditions de travail, refuser l’alignement par le bas des garanties et acquis sociaux, combattre les suppressions d’emplois aujourd’hui dans les back offices et les fonctions support, demain dans les réseaux sont autant d’objectifs que nous proposons de partager avec tous les salariés du nouveau groupe.

La CGT fédère et confédère les syndicats de salariés de toutes les professions et notamment celles présentes dans le groupe BPCE : banque, assurance, immobilier, informatique… La défense des intérêts de tous les salariés est à l’origine de son existence. Elle est toujours aujourd’hui au cœur de son programme. Active dans les deux branches Banque Populaire et Caisse d’Epargne, la CGT est fortement présente dans Natixis et d’autres filiales bancaires mais aussi dans le pôle immobilier.

Rejoindre la CGT pour travailler ensemble à la construction de l’unité des salariés de toutes les entreprises et composantes du groupe BPCE, voilà ce que nous vous proposons pour défendre avec succès vos intérêts.

Plus unis, plus nombreux, avec la CGT nous serons plus efficaces dans le groupe BPCE

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