CGT CEAPC - 31/08/2009

Jugé par le mari de la patronne



Lu pour vous cette semaine

Quand on vous dit qu’à la Caisse d’Epargne les dirigeants se croient tout permis !

Ça lui a fait un sale choc, à Marc Kerrias, lorsque, après une audience aux prud’hommes de Toulon et grâce à une recherche sur l’Internet, il découvre que le président qui le juge est aussi le mari d’une éminente membre du Conseil d’orientation et de surveillance de la Caisse d’épargne de la Côte d’Azur. Cette même Caisse qui l’a licencié et contre laquelle il se bat, comme l’a rapporté « La Marseillaise »…

« Lors de l’audience, le 20 juillet dernier, nous avons suffisamment parlé de la Caisse d’épargne, le président, M. Benoît Mignon, ne pouvait donc pas ignorer la situation… », s’offusque Me Van de Ghinste, l’avocate de Marc. Elle a aussitôt écrit au président général des prud’hommes pour dénoncer cette incroyable faute. S’étonnant que « M. Mignon ne se soit pas lui-même retiré », elle réclame de nouveaux débats devant un tribunal « autrement composé », son client craignant « de manière légitime » que son procès « ne soit pas équitablement jugé ».
C’est peu dire… d’autant que l’audience s’était très mal déroulée, raconte l’avocate :

« Le président a été particulièrement désagréable, me coupant la parole plusieurs fois mais laissant mon adversaire parler à sa guise… »

Dans sa réponse, le greffier en chef des prud’hommes de Toulon assure : « Les termes de votre correspondance ont été portés à la connaissance du président concerné, qui reste souverain, dans le cadre du délibéré collégial entrepris, de la décision à venir. »

Très clair ! C’est pas la Caisse d’épargne qui va la rédiger, par hasard, cette décision ?

« Le Canard enchaîné » - mercredi 26 août 2009

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