GREVE DU 12 SEPTEMBRE 2017

La CGT manifeste sa diversité avec puissance

Ce 12 septembre, la CGT a réussi son pari. Ce sont plus de 400 000 manifestants qui ont battu le pavé, aux quatre coins de la France, venant de tous horizons.

Plus de 400 000 citoyens en colère contre les ordonnances Macron ont défilé ce 12 septembre dans toute la France. Un véritable succès pour la CGT, qui sonne le coup d’envoi de la bataille contre la loi XXL. Parmi les 200 manifestations qui se sont déroulées aux quatre coins de l’Hexagone, celle de Paris fut particulièrement suivie, puisqu’elle a rassemblé 60 000 manifestants. « Pour une première, c’est une très bonne journée, nous atteignons le niveau des premières journées de mobilisation, en 2016, contre la loi El Khomri », a déclaré Philippe Martinez. « La CGT ne change pas son mot d’ordre, elle a dit qu’il faut modifier le Code du Travail pour mieux protéger les salariés. Il faut notamment donner des droits aux plus jeunes d’entre nous », a-t-il ajouté. Si les Ordonnances Macron sont le fer de lance de la mobilisation du 12 septembre, d’autres sujets de préoccupation ont poussé les Français à manifester en masse ce 12 septembre : « Il y a un mécontentement plus large que le droit du travail. Je pense aux retraités qui vont souffrir, à la diminution des APL, aux fonctionnaires que l’on salue lorsqu’il y a des catastrophes naturelles, mais que l’on n’augmente pas, ou à qui l’on supprime des emplois. »

Le cortège parisien, qui comptait également des militants de Solidaires qui avait appelé à la grève, mais aussi FO ou la CFDT, a été tout le long animé par des forains, eux aussi en grève. Marie-José Kotlicki, secrétaire générale de l’Ugict-CGT, était elle aussi présente à Paris. « Il y a dans ces ordonnances des mesures qui ciblent particulièrement les cadres, comme le CDI de projet, ou encore le plafonnement des indemnités prudhommales. Cela va accentuer la pression sur les cadres, pour les soumettre à des directives d’entreprise qu’ils ne valident pas forcément. Les ordonnances contiennent aussi des mesures particulièrement drastiques, comme des attaques contre le treizième mois, les primes d’ancienneté, la clause de mobilité (sans limitation géographique)… C’est aussi la fin du décompte horaire du temps de travail », a regretté la secrétaire générale.

Plus loin, Catherine Perret de la CGT, qui a assisté aux concertations cet été organisées par le gouvernement sur le projet de loi Travail XXL, s’est félicitée de la très forte mobilisation de cette première journée de mobilisation. « C’est très bien parti, nous avons autant de monde que pour la mobilisation contre la loi El Khomri. A Paris, il y a eu unité syndicale avec FSU, Solidaires.

Dans une cinquantaine de départements, FO a appelé à manifester. Nous espérons que le 21 septembre sera encore plus suivi », a-t-elle déclaré. Dans le défilé parisien, des militants de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) était aussi présents. Pour Chloé Deverly, vice-présidente de la FIDL, les lycéens « sont particulièrement concernés. Les ordonnances prévoient des indemnités prudhommales en fonction de l’ancienneté, ce sont les jeunes travailleurs qui vont être lésés ».

La CGT des Ingénieur-es Cadres et Technicien-nes organisait un happening mardi 12 septembre dans le cadre de la manifestation à Paris, pour rendre visible l’impact des ordonnances sur les conditions de travail des cadres. Une cinquantaine de salariés ont participé à ce lâcher de ballons intitulé « lâcher de CDI ». Comme pour montrer que les CDI de projet, le plafonnement des indemnités prudhommales et la réforme des procédures de licenciements font de ces travailleurs, des « cadres en solde », éjectables dès le premier désaccord qu’ils oseraient exprimer vis-à-vis de leur hiérarchie. Ils pâtiront aussi de la disparition de nombreuses dispositions conventionnelles parfois spécifiques aux cadres (13e mois, prime de départ en retraite, d’ancienneté…). La possibilité par accord d’entreprise permettra par ailleurs de modifier des clauses du contrat de travail permettra d’imposer des clauses de mobilité géographique ou fonctionnelle sans limite et de tirer les salaires vers le bas. Enfin, alors qu’il y a chaque année 100 000 burn out, la disparition des CHSCT signe la fin des politiques de prévention des risques organisationnels au travail.