Rachat des CCI :

Un meccano financier contre les salariés et les clients !

28 mai 2013

Les directions de BPCE, Banques populaires, Caisses d’épargne, Natixis,

=> après avoir vanté la mise en place des CCI (Certificats Coopératifs d’Investissement) qui ont permis l’appropriation de 20% des Caisses d’épargne et des Banques populaires et dans le même mouvement porté sur les fonds baptismaux Natixis puis BPCE,

=> nous vantent aujourd’hui l’opération inverse : le rachat des ces mêmes CCI. Un seul objectif dans ces décisions apparemment contradictoires : rassurer les marchés tout en donnant des gages aux dirigeants libéraux des instances européennes.

Pour la CGT, à chaque tour de roue de ces montages et démontages financiers, un constat s’impose : ce sont les salariés de BPCE et nos clients qui trinquent !

Le montage financier des Certificats Coopératifs d’Investissements qui a permis la création de « capital fictif » en interne au groupe BPCE, a été un élément du « mécano financier », lors de la création de BPCE et Natixis.

Ce montage interne au groupe BPCE (qui existe aussi sous une forme similaire dans le Groupe Crédit Agricole) ne sera plus accepté par les autorités de supervision bancaire européenne qui seront en charge du contrôle et de la supervision des banques européennes dès 2014 (si les projets de supervision sont mis en oeuvre).

Aujourd’hui la direction de BPCE annonce « simplifier » ce qu’elle a elle-même mis en place.
En faisant cela elle ne fait qu’appliquer, peut-être avec un peu d’anticipation, ce qu’elle serait forcée de faire de toute façon, sous la pression des autorités de supervision ! C’est la BCE et la commission européenne qui décident de tout !

La CGT s’est opposée dès le début en 2006, au projet Champion qui a donné naissance à Natixis et au groupe BPCE. donné naissance à Natixis et au groupe BPCE.

Pourquoi :

Parce que nous redoutions qu’en l’absence de tout engagement de maintien des postes de travail et des emplois sur chaque site et dans chaque entreprise, qu’en l’absence de tout projet de maintien et de développement d’activités bancaires au service du développement de l’économie et de l’emploi, ce « projet Champion » ne soit qu’une course à la rentabilité financière, qui mettrait en concurrence les salariés des différentes entités du groupe et qui se traduirait par des suppressions d’emplois. Nous avions d’ailleurs réclamé un « droit d’alerte économique » tant le rapport de l’expert du CCE de Natixis était alarmant ! A l’époque nous n’avions été suivis par aucune autre organisation syndicale.

Emploi détruit.

Nous avions malheureusement raison, car ce sont des centaines d’emplois qui ont été supprimés dans les différentes entités du groupe (CE, BP, Natixis, CFF, Palatine, Coface, GCEtech…).

Pouvoir d’achat en baisse.

Et l’alignement sur les logiques de « marché » et de « recherche de compétitivité », a fait que le pouvoir d’achat de la très grande majorité des salariés s’est dégradé, pendant que les hauts salaires des dirigeants (fixe, bonus) ont progressé dans des proportions beaucoup plus importantes, dépassant de plus en plus le million d’euros ! Bien loin des salaires moyens des 110 000 salariés du groupe BPCE !

Et plus insupportable encore, le développement des salaires de misère qui ne permettent pas de vivre, est encouragé par les dirigeants de BPCE et de Natixis dans les filiales au service des banques de détail (Écureuil Crédit, Natixis Financement, GCE Carlease…).

Impossible de répondre aux revendications salariales nous dit-on lors des NAO mais dans cette opération de rachat/cession de CCI, pour faire plaisir « aux marchés », un versement de 600 millions d’euros de dividendes exceptionnels aux actionnaires minoritaires est prévu !
Excusez du peu !

Des conditions de travail dégradées, une charge de travail à la limite du supportable

Et que dire des conditions de travail qui se dégradent de plus en plus aussi bien dans les fonctions commerciales que dans les fonctions supports.

Un débat technique pour diviser les salariés ?

Aujourd’hui que nous demande la direction de BPCE, à travers les différentes consultations éclatées dans les dizaines de Comités d’Entreprise ? De donner notre avis sur l’opération de cession/rachat des CCI ? Sur la bonne valorisation des différentes entités ? Sur le « juste prix des CCI » ? Quelle entité en profite, sur le dos desquelles ?
La direction de BPCE n’a-t-elle pas intérêt à nous diviser entres salariés et élus des différentes entités ?

La mise en concurrence des salariés et différentes entités n’a jamais été une revendication syndicale !

Faire basculer les activités du réseau vers les filiales métiers, d’un centre géographique vers un autre, mettre en place la compétition commerciale entre les différentes agences, entre collègues d’une même agence, d’un même service ! Tout cela c’est la destruction de nos conditions de vie et de travail, c’est la baisse programmée de nos rémunérations ! C’est la justification des réductions d’emplois.

Depuis la création de BPCE et Natixis, la grande majorité des salariés a vu sa situation se dégrader, et nous sommes inquiets du futur plan stratégique qui sera annoncé, surtout avec la retranscription dans la loi de l’accord de flexibilité signé par le Medef, la CFDT, la CGC et la CFTC le 11 janvier 2013 !

Les syndicats CGT du groupe BPCE défendent les intérêts des salariés dans l’ensemble du groupe BPCE : les emplois doivent être préservés, les salaires doivent être augmentés car les moyens existent, les méthodes de management qui dégradent la santé doivent être abandonnées.
Et les activités du groupe BPCE doivent être au service du développement industriel et économique.
Entre rassurer les marchés et la vie réelle il faut choisir ! Une autre répartition des richesses que nous créons par notre travail est possible.

Les syndicats CGT Banques Populaires, Caisses d’épargne, Natixis

PDF - 433.8 ko
Tract CCI 2013 05