CGT CEAPC - 07/09/2011

Triple zéro



Pendant cette période estivale, la crise s’est amplifiée.
Pas une journée sans que gouvernement et patronat nous abreuvent de leurs arguments...
Nous allons finir par croire qu’il y a « un Monsieur Marché » que personne ne peut voir, ni toucher, mais qui pilote le monde et nos vies.

Et pourtant, le Marché est bien la résultante de décisions prises par des hommes et des femmes que tout le monde connait : les Serge DASSAULT, Bernard ARNAULT (LVMH) ou Liliane BETTENCOURT etc….
Les dividendes versés aux actionnaires des entreprises non financières s’élèvent à 210 milliards d’euros en 2010, soit un tiers de la masse salariale de ces sociétés, bien plus que leurs investissements.
Ce ratio est clairement intenable et provoque la baisse du pouvoir d’achat des salariés, tout en maintenant le chômage à un haut niveau.

Les dernières annonces du Premier ministre s’inscrivent dans la droite ligne des réformes précédentes (retraite, RGPP, etc).
Quels que soient les efforts de communication faits par le gouvernement, (période présidentielle oblige), elles ne sont pas de nature, loin s’en faut, à caractériser une politique favorisant la justice sociale et à résoudre la crise dont nous ne dirons jamais assez que les salariés n’en sont en rien responsables.
On ne peut pas sortir de cette crise en donnant encore et toujours plus de gages aux marchés financiers, aux agences de notation.
Pour nous, la note ce n’est pas un Triple A, c’est un Triple Zéro.

Il ne suffit pas de dire que les plus riches sont appelés à l’effort pour que ce soit vrai. L’impôt exceptionnel et temporaire sur les plus fortunés pour une recette escomptée de 200 millions d’euros est loin de compenser ce que ces catégories ont accaparé ces dernières années.
Rien que la baisse de l’ISF aura réduit les recettes de l’Etat de 2 milliards d’euros.
Nous sommes uniquement dans la symbolique politique.
De même pour les entreprises.

La correction marginale du dispositif pour les heures supplémentaires
annonce 600 millions de recettes nouvelles qui sont à rapporter aux 170 milliards d’euros d’aides et d’exonérations accordées aux entreprises par l’Etat et les collectivités territoriales.
Pour ces dernières, le gel annoncé de leurs dotations peut être lourd de conséquences, d’une part sur une hausse prévisible des impôts locaux et, d’autre part, parce que 70% des investissements publics
proviennent des collectivités locales.
Le dogme de la suppression d’emplois dans la Fonction publique demeure avec les conséquences induites sur les besoins de la population.

De nouvelles taxes sur le tabac, l’alcool ou autres boissons seront forcément amères, même pour un soda sucré.
Les dépenses de santé seront restreintes et l’accès aux mutuelles rendu plus onéreux.
Tous les salariés, surtout les plus modestes, sont très concernés par une mesure de plus d’un milliard d’euros.
Les mesures proposées sont cohérentes, non pas pour sortir de la crise mais pour continuer la course aux profits avec les compressions salariales qui vont avec.

La CGT portera le débat sur le contexte, les enjeux et les modalités pour la réussite de l’action unitaire du 11 octobre prochain.

La situation économique et sociale l’exige et le mouvement syndical se doit d’être au diapason du mécontentement social qui s’étend dans toute l’Europe. C’est d’autant plus nécessaire que la campagne
électorale qui a commencé ne doit pas être un grand moment de silence dans les rangs.
Comme le déclarait Bernard THIBAULT :
« Si les salariés veulent de vraies alternatives, ils doivent le dire ensemble et le cadre syndical le permet. Ils auraient tort de rester seuls l’arme aux pieds en considérant que le bulletin de vote est l’unique moyen d’expression. Outre la question des salaires et du pouvoir d’achat, cette journée de mobilisation sera l’occasion pour les salariés de s’exprimer sur les conditions de travail, l’emploi, la protection sociale et la défense des services publics. »

Refusons les mesures d’austérité et de rigueur, revendiquons augmentation des salaires, créations d’emplois, amélioration des conditions de travail et progrès social.
Ce sont les seules mesures pour sortir du cycle de ces crises qui ne génèrent que dégradations des conditions de vie et de travail du
plus grand nombre.
Dès maintenant, soyons ambitieux, offensifs et unitaires pour modifier le cours de l’actualité sociale.

Dans chaque entreprise, discutons en assemblée générale avec l’ensemble des salariés, contactons les autres organisations syndicales et créons les conditions pour la réussite d’une action de mobilisation et de grève

le Mardi 11 octobre prochain

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