Note nationale 10/2011

Protection sociale : retraites, retraites complémentaires santé et mutuelle, agir avec cohérence et détermination !

31 mars 2011

Il existe 2 régimes de retraite complémentaire obligatoires, un cadre et un non cadre : le régime complémentaire des salariés géré par l’ARRCO qui concerne tous les salariés cadres et non cadres et le régime complémentaire des cadres géré par l’AGIRC.
Même si l’existence et le mode de fonctionnement de ces régimes complémentaires sont discutables (à l’origine la Sécurité Sociale devait couvrir l’ensemble des besoins en prestation retraite), il n’en reste pas moins que l’Arrco et l’Agirc, comme la MNCE participent à la protection sociale des salariés.
Comme pour la sécurité sociale, les cotisations versées (salariés et employeurs) ne sont pas des charges (vocabulaire patronal) mais du salaire différé. ASS VIEILLESSE (retraite de base Sécurité Sociale), URS (ARRCO), URC (AGIRC), AGFF sont des lignes qui apparaissent sur votre feuille de paie.

Le MEDEF (syndicat patronal) n’a de cesse d’essayer de faire baisser l’ensemble de ces éléments de notre protection sociale basés sur des systèmes collectifs et solidaires… il préfère gonfler les dividendes alloués aux actionnaires/sociétaires plutôt que de garantir un salaire immédiat et différé décent pour le travail fourni par chaque salarié.
Les négociations ARRCO AGIRC qui viennent de se terminer l’illustrent de nouveau :

  • le texte proposé à la signature valide l’alignement des régimes complémentaires sur les régimes sécurité sociale pour ce qui concerne les âges, en particulier celui de la retraite sans abattement.
    Ainsi, ce dernier sera porté de 65 à 67 ans.
    Faut-il rappeler que c’était un motif de blocage pour l’ensemble des Organisations syndicales, il y a quelques mois à peine… C’est d’autant plus inacceptable que, comme en a d’ailleurs plusieurs fois convenu le Medef, rien n’obligeait à prendre ces dispositions.
  • le texte n’intègre toujours pas l’accès à une retraite complémentaire sans abattement dès l’obtention d’une retraite complète dans le régime de base. D’où la reconduction d’un mécanisme intermédiaire à durée déterminée (l’AGFF) jusqu’en 2018, utilisé systématiquement comme instrument de chantage par le Medef.
  • le texte n’évoque pas la question des ressources, encore moins celle cruciale du besoin de ressources supplémentaires. Ce refus du Medef aura pour conséquence, en matière de financement des régimes, une baisse des droits.
  • le taux de remplacement du salaire d’activité par la pension des deux régimes sera amené à encore baisser.
    Pour mémoire, à l’Arrco, pour une carrière de 40 ans, le taux de remplacement instantané est passé de 26,9 % en 1993 à 19,80 % en 2010, soit une baisse de 26,34 %.
    Sur la même période, à l’Agirc, le taux de remplacement a baissé de près de 30 %.

La CGT juge cet accord particulièrement dangereux pour les retraités et futurs retraités. Il acte la volonté patronale : toujours plus pour les dividendes, toujours moins pour les salaires directs et différés.
A ce titre, la CGT était disponible pour exercer son droit d’opposition si les conditions avaient été réunies (accord de 2 autres organisations syndicales nécessaire).

Après les grandes batailles sur les retraites de fin 2010, la signature par la CFDT, la CFTC et FO de cet accord qui organise un nouveau recul social est incompréhensible, voire inadmissible !
La défense de la protection sociale est indivisible, quel qu’en soit le domaine les élus se doivent d’être exigeants, vigilants et cohérents…

  • c’est avec la même exigence de défense des acquis collectifs et solidaires,
  • c’est avec la même exigence que les richesses produites par les salariés doivent servir à financer ces acquis,
  • c’est avec la même exigence qu’il faut éviter et refuser tout transfert vers le marché privé de nos droits à la retraite et à la santé.
  • c’est avec cette même exigence que les candidats soutenus par la CGT veulent agir au sein de la MNCE.

Si vous ne l’avez pas encore fait, nous vous invitons à voter pour les candidates et candidats à la MNCE soutenus par la CGT.

ATTENTION : Clôture des votes le 16 avril 2011 à minuit.

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note nationale 2011 10