CGT BPCE

Plan stratégique groupe 2010-2013

15 novembre 2010

Informations et commentaires CGT

Trois axes significatifs à ce Plan Stratégique :

  • réduction des charges (1 milliard d’euros)
  • augmenter le PNB (821 millions d’euros)
  • rien de dit sur l’emploi (malgré un chapitre sur « l’efficience RH ») … tout un programme que la CGT éclaire ci- dessous.
    Sous l’affichage et la réaffirmation du caractère mutualiste du groupe BPCE, l’orientation est résolument celle de la rentabilité à tout prix dont salariés et clients vont faire les frais.
    En filigrane, rendre possible le choix d’une cotation boursière directe de BPCE.

Quelques chiffres :
A fin 2013 le PNB devra être multiplié par 2, le résultat net par 2,4.
La « synergie opérationnelle » doit conduire à une réduction de charge multipliée par 4 et « la synergie Natixis » devra renvoyer un PNB additionnel multiplié par 8.
Cette aridité des chiffres exprime des exigences et des réalités bien concrètes.

Pour les entreprises l’exigence de réduction des charges est de 136 M€ pour les Banques Populaires, de 341 M€ pour les Caisses d’épargne, de 154 M€ pour Natixis et de 188 M€ pour les autres entreprises du groupe.
La mise au service des réseaux (fournisseur) de Natixis doit rapporter au total 821 M€ (avec un impact de 247 M€ pour les BP, 180 M€ pour les CE et 394M€ pour les métiers Natixis).
Cela veut dire mutualisation de moyens, plateformes régionales ou nationales, regroupement de sites, industrialisation.
Ainsi par exemples :

  • de la monétique (disparition de GCE Paiement dans Natixis Paiement),
  • des titres (plateforme DEFI),
  • du crédit conso (partenariat BPCE / BNP Paribas),
  • du traitement des chèques, de l’éditique et de la numérisation (usine régionale I-datech, regroupant les 3 BP d’Alsace, de Lorraine de Bourgogne Franche Comté, les 3 CE d’Alsace, Lorraine Champagne Ardenne, Bourgogne Franche –Comté et l’opérateur externe TESSI).
    D’autres projets de ce type sont en cours.

Le non dit : l’emploi, source essentielle de ces exigences de réductions de coûts !
Ainsi les fonctions siège et production bancaire des Banques populaires et des Caisses d’épargne doivent contribuer
respectivement à hauteur de 45 M€ et de 83 M€.
Les expressions choisies « d’efficacité opérationnelles » et de « diffusion des bonnes pratiques » ne disent rien d’autres que réductions d’effectifs, charges de travail incompatible avec l’effectif réel, dégradation des conditions de travail.
La convergence informatique, la réduction à 3 sites, le transfert d’activités à Natixis se traduit par mise sur la sellette potentielle de plusieurs centaines d’emploi.
La « contribution » de l’Organe Central se résume en une phrase :
« Plan d’accompagnement RH »

L’activité commerciale des réseaux BP et CE
Elle se résume à quelques thèmes rhétoriques significatifs : vendre plus de tout, tout le temps, dégager du temps commercial, développer les différents canaux de distributions (dont la vente à distance et le rendez vous vidéo), redorer l’image des marques Banque Populaire et Caisses d’épargne.
Concrètement et par expérience terrain :

  • une pression commerciale et managériale accrue avec mise en concurrence entre salariés, unités de travail, commerciaux et administratifs, caisses d’épargne et bientôt entre réseau BP et réseau CE. C’est le benchmarking à tous les étages,
  • il n’y a plus d’objectifs ou plutôt ils deviennent infinis car il s’agit sans cesse d’être meilleur que l’autre (collègue, agence, CE ou BPR …),
  • le temps commercial est dégagé d’une manière simple : tout le travail non directement commercial n’est plus reconnu, la vie personnelle des salariés est niée, les horaires de travail étendus (19H / 19h30 à la CE Bretagne par exemple),
  • les salariés n’ont plus d’initiative, sont infantilisés et culpabilisés ( à travers le benchmark la direction transfère toutes ses responsabilités sur l’individu salarié),
  • la clientèle est triée selon le seul critère du PNB à en tirer.

Gestion des « ressources humaines » :
L’accent est mis sur les dirigeants (gestion unifiée, formation des managers), la mobilité groupe (sans garanties véritables pour les salariés) et une politique d’affichage (mixité, handicap, santé au travail)

L’emploi
Interpellés par la CGT et les autres délégations sur le silence du Plan Stratégique sur l’emploi les réponses de Mrs Pérol et Vergne sont sans ambiguïté :

  • pas de départs contraints (traduction une proposition de poste à des centaines de km suite à la fermeture d’un site n’est pas une contrainte)
  • principe du non remplacement des départs en retraites,
  • liberté aux entreprises du groupe de mettre en place des PSE.

Les choix stratégiques des dirigeants de BPCE – biens loin du modèle mutualiste habillé pour l’occasion d’oripeaux idylliques – sont aux services de la rentabilité à tout prix. Ils reviennent à faire payer la crise aux salariés et à la clientèle.
La CGT appelle l’ensemble des salariés du groupe à résister à la dégradation de leurs conditions de travail et d’exercice de leurs activités. Elles les appelle à refuser les suppressions d’emplois et les fermetures de sites.
Contre la division et à la mise en concurrence prônée par la direction de BPCE la CGT appelle les personnels des entreprises du groupe, cadres et non cadres, à la solidarité, l’unité et l’action collective.

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Plan Stratégique Groupe 2010